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  • Ida Tursic & Wilfried Mille

    Du 18 octobre 2008 au 04 janvier 2009

    6,5

    Pour leur première grande exposition dans un musée, le couple d’artistes nous invite à découvrir toute l’étendue de leur talent sous le titre énigmatique « 6,5 ». Cette mesure désigne l’écart moyen entre les deux rétines que notre cerveau utilise pour percevoir le relief. Les artistes présentent des œuvres récentes basées sur le principe des anaglyphes, images imprimées pour être vues en relief. Avec la série inédite Vintage 3D, Ida Tursic & Wilfried Mille nous proposent des Pin-up aux poitrines généreuses, provocantes sans être vulgaires, empruntées à Harold Lloyd, le grand acteur comique, pionnier de la photographie en 3D ou prélevées sur Internet. Sexy et aguichantes, ces Pin-up prennent vie grâce à cette étonnante technique. Une paire de lunettes 3D customisée par les artistes est offerte au musée pour profiter pleinement de ce procédé appliqué pour la première fois en peinture et en gravure.
    Les sources iconographiques et formelles d’Ida Tursic & Wilfried Mille sont multiples. Ils puisent leurs images dans la télévision, le cinéma, les images numériques ou publicitaires, pour créer un lexique déroutant et sans cesse renouvelé. On retrouve des pages arrachées de magazines de mode reproduites à la peinture à l’huile et à une échelle monumentale. Les artistes laissent visibles les traces de leur arrachement et ces pages, extraites de leur contexte, deviennent comme des natures mortes.
    Dans l’exposition, des peintures optiques plus anciennes présentent des motifs mouvants et vibratoires. Ces tableaux abstraits, par leurs surfaces illusionnistes, déclenchent des réactions visuelles extraordinaires chez le spectateur. L’illusion de mouvement provoquée par de violents contrastes structurés engendre une perte de repère, jusqu’à faire tourner la tête. D’autres grands tableaux représentent des incendies de maisons sur la célèbre colline d’Hollywood dans une explosion de formes et de couleurs.
    Pour chaque peinture réalisée, I&W utilisent des feuilles de papier sur lesquelles ils essaient la couleur et nettoient l'aérographe. Ces pages « test » deviennent à leur tour des impressions jet d’encre de très grand format où tâches, projections et dégoulinures font vibrer la surface. Sur d’autres feuilles, ils inventorient les couleurs utilisées pour former une sorte d’inventaire abstrait des peintures en cours. I&W s’intéressent aux transformations de l’image, à la manière de la transposer d’un médium et d’un contexte donnés dans d’autres et aux traces et effets de ce transfert.
    Leur peinture incendiaire met le feu aux codes et classifications. En effet, pas de distinction des genres, abstraction, figuration, op’art, peinture en 3D, aquarelle, huile, gravure, impression, tout passe au rouleau-compresseur de la peinture. Au-delà de la grande habileté technique et de la virtuosité picturale, il ne s'agit pas de reproduire mécaniquement des images mais de toujours interroger le visible et sa représentation. Surdoués de la peinture, Ida Tursic & Wilfried Mille jouent de la peinture et elle joue avec eux dans un renouvellement permanent.

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  • Images du corps, vertiges et vestiges

    Du 28 juin 2008 au 05 octobre 2008

    Œuvres de la Collection Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole Commissariat de Jean-François Chevrier

    Œuvres de la Collection Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole
    Commissariat de Jean-François Chevrier
    Robert Adams, Anonymes, Dominique Auerbacher, Baldus, Comte Albert de Balleroy, Batho, Blanc et Demilly, Bonfils, John Coplans, Gabriel Cuallado, Yiorgos Depollas, William Eggleston, Walker Evans, Facchetti, Patrick Faigenbaum, Daniel Farson, Lee Friedlander, Jean-Louis Garnell, Giraudon, Dan Graham, Jan Groover, Raoul Hausmann, Nigel Henderson, Craigie Horsfield, Jiru, Keetman, Chris Killip, Kirchner, J. Kuhn, Suzanne Lafont, Helen Levitt, Lukas, Achile Mauri, Lisette Model, Carlo Molino, Naya et Schoeft, Cas Oorthuys, Patellani, Tony Ray-Jones, René-Jacques, August Sander, Jean-Louis Schoelkopf, Giorgio Sommer, Thomas Struth, Félix Thiollier, John Thomson, Piet Zwart

    Le musée à Sérignan présente un ensemble de cent quatre-vingt photographies choisies par Jean-François Chevrier dans les collections photographiques du FRAC Rhône-Alpes et du Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne Métropole, deux collections qu’il a initiées entre 1986 et 1988.
    L’exposition embrasse un siècle et demi d’histoire : des pionniers comme Édouard-Denis Baldus ou John Thomson aux nombreuses et remarquables épreuves d’amateurs éclairés, « anonymes », du dix-neuvième siècle ; des grandes figures de l’art moderne, tels Walker Evans ou Raoul Hausmann, aux photographes que Jean-François Chevrier a soutenus et qu’il a contribué à faire connaître depuis le début des années 1980 : Robert Adams, John Coplans, Jan Groover, Suzanne Lafont, Patrick Faigenbaum...
    Images du corps, images de corps : images singulières, rassemblées en une constellation thématique. Le thème choisi par Jean-François Chevrier pour constituer la collection a permis l’étoilement des figures, évitant la linéarité d’une histoire canonique. Un accrochage dense favorisera les enchaînements de motifs et de métaphores autour de quelques ensembles monographiques et de séquences historiques.
    Jean-François Chevrier s’est toujours défié des regards trop spécialisés. Il a travaillé à inscrire la photographie dans l’histoire de l’art moderne – l’un et l’autre sont nés au milieu du dix-neuvième siècle – et à écrire l’histoire de l’art moderne avec la photographie. Au sein de cette histoire, c’est pour sa teneur réaliste qu’il s’est intéressé à l’image photographique. La défense d’une exigence de réalisme, dans laquelle l’artiste vise à produire des équivalents du réel, contre un naturalisme qui confond l’art et le réel dans une image miroir, est au nombre de ses partis pris.
    De vestiges en vertiges, l’exposition esquissera quelques unes des voies par lesquelles la photographie a su rendre compte de notre séjour sur terre dans l’infinie diversité de ses éclats.
    Parallèlement à l’exposition s’ouvre un second volet de la collaboration du musée de Sérignan avec Jean-François Chevrier : la résidence à Sérignan de deux photographes qu’il a invités à travailler sur le territoire de la commune. À l’issue de séjours répartis sur les quatre saisons, Claire Tenu (née en 1983) et Patrick Faigenbaum (né en 1954) livreront un portrait photographique de la ville de Sérignan. L’exposition de ces travaux est prévue pour l’automne 2009.

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  • Per Barclay, sans parole

    Du 12 avril 2008 au 22 juin 2008

    Ragna St. Ingadóttir, distorsion intime

    Les deux artistes, d’origine nordique, présentent des œuvres nouvelles, spécialement conçues pour l’exposition. Les œuvres d’une rare pureté entrent en écho avec l’espace du musée.
    Avec son projet intitulé « sans parole », Per Barclay propose des œuvres qui mettent en jeu des données, des préoccupations liées à l’espace et au corps. L’artiste scandinave aime travailler l’espace. Il l’anime, le module, le maîtrise. Pour le musée de Sérignan, il réalise une installation interactive inédite. Conçue spécifiquement pour l’espace d’exposition, l’installation de Per Barclay se nourrit véritablement du lieu, élément essentiel de son travail. Un fil d’Ariane métallique labyrinthique est déployé dans l’espace. Les moindres vibrations, frôlements, mouvements produits par le fil et provoqués par le spectateur sont amplifiés par un son vrombissant sortant de deux haut-parleurs, un petit, l’autre énorme. La tension du métal ne trouve son équivalent que dans la violence du son déclenché par les gestes et les déplacements des spectateurs. Le son offre un écho insondable et énigmatique mis en mouvement, comme pour évoquer le rythme du vivant. L’œuvre pose véritablement la question de l’expérience.
    Parallèlement, des photographies entrent en résonance avec son installation. Des personnages aux expressions apaisées, figés dans des poses difficiles ou inscrits dans des paysages nordiques, ponctuent le parcours de l’exposition et accentuent cette mise en tension. Ces corps happent le regard et confronte ces images sculpturales de très grands formats à l'espace réel. Per Barclay, grâce à ce dialogue épuré entre installations et photographies, questionne notre rapport à la représentation. Introduisant une dimension humaine dans des œuvres à l’apparente froideur mécanique, Per Barclay affirme que « s’il cherche à exprimer des sentiments très agressifs, il souhaite aussi chercher un aspect positif qu’il trouve dans la forme ». Equilibre et tension sont les éléments essentiels pour aborder le travail sophistiqué de cet artiste. En voulant dépeindre les contradictions intérieures et les dépasser par une grande rigueur formelle, il cherche à atteindre une forme de perfection.
    L’artiste Ragna St. Ingadóttir d’origine islandaise, qui a vécu en Italie et maintenant à Paris, porte avec elle, dans l’élaboration de son œuvre, les mobiles de ses déplacements : les paysages, la nature profonde de son pays natal, et la sensibilité à la matière caractérisant l’Arte Povera italien. Intitulant son projet pour Sérignan « distorsion intime », elle fait passer la relation du corps à l’art, de l’espace concret à l’univers symbolique. Dans ses œuvres, elle souligne la question originelle du corps humain qui se confronte aux normes caricaturales des règles sociales. Ses installations s’articulent sur deux plans, celui de l’espace construit et celui des rêves et des songes. On passe du mouvement à l’inerte, du chaud au froid, du charnel au minéral et de l’érotisme à la mort. Ragna St. Ingadóttir nous propose une œuvre pure et pleine de sensualité, à l’image de sa terre natale volcanique, l’Islande.
    L’exposition de Per Barclay est réalisée avec le soutien de l’Office for Contemporary Art Norway et de l’Ambassade Royale de Norvège en France.

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  • Silhouettes

    Du 12 janvier 2008 au 30 mars 2008

    Ronan Barrot, Belkacem Boudjellouli, Damien Cabanes, Denis Castellas, Vincent Corpet, Marc Desgranchamps, Sylvie Fajfrowska, Stéphane Pencréac’h, Bruno Perramant

    L’exposition « silhouettes » est une invitation lancée par le musée de Sérignan à des artistes qui affirment explicitement le désir de peindre. Elle présente plusieurs générations de peintres qui renouvellent encore ce moyen d’expression traditionnel, la peinture figurative, considéré par beaucoup comme obsolète.
    Les neufs artistes rassemblés dans cette exposition interrogent le visible, l'apparence des choses, la figure humaine dont nous avons cessé de percevoir la réalité. Ils adoptent des stratégies de provocation, de distance critique, parfois d’ironie pour contester les conventions de la représentation figurative. La recherche formelle à laquelle ils soumettent leurs œuvres a pour dessein de nous confronter de nouveau avec elle. Le sujet n’est presque jamais peint d’après nature. Au lieu de cela, le matériau originel de leur travail est souvent tiré de photographies, de films, d’images télévisuelles, d’imprimés mais aussi de canons de l’histoire de l’art ou de personnages fictifs. En se séparant radicalement de l’art traditionnel du portrait, les artistes prennent l’image du sujet humain comme point de départ de leur travail.
    Le corps figuré autant que le corps représenté. Il faut rappeler que le corps est au centre de la tradition académique, puisque une « académie » c’est un nu, une étude du corps. Prendre le corps pour thème, c’est remettre la peinture face à cette tradition des beaux-arts. Le corps figuré, c’est ce qui déborde la représentation et l’étude. La « figure » n’est pas limitée à une catégorie des arts de la représentation et d’imitation. La figure peut aussi désigner des images mentales, fantasmes ou visions oniriques. La peinture est faite avec le corps. La matière, le peintre l’obtient avec le corps. Merleau-Ponty citait Paul Valéry dans L’Œil et l’Esprit : « le peintre apporte son propre corps ».
    La peinture ne constitue pas, pour ces artistes cette formule passéiste dont on l'affuble, mais un outil moderne capable de s'articuler sur le présent pour le questionner, avec ce qui fait sa force - la fixité et le silence - qu'elle oppose au flux bavard des images télévisuelles. Ils sont les témoins d’un formidable éclectisme, d’une richesse et d’un dynamisme insoupçonnés dans la peinture aujourd’hui.

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MUSÉE RÉGIONAL D'ART CONTEMPORAIN LANGUEDOC-ROUSSILLON
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