Le musée à Sérignan a choisi de réunir deux femmes, Nathalie Elemento et Marie Ange Guilleminot. Ces deux artistes de la scène française nous invitent dans leurs univers où le corps, l’objet et le dessin sont mis en œuvre pour nous proposer des temps d’émotion, de déambulation ou de contemplation. Nathalie Elemento et Marie Ange Guilleminot entraînent le visiteur dans un parcours où le corps est confronté, mis en relation aux objets et à ses images. A travers des installations, des dessins, des sculptures-objets ou encore des vidéos les deux artistes imprègnent le musée de sérignan d’un véritable projet poétique qui prend tout son sens dans l’expérimentation. Dans cette exposition, il sera question de passages, de transmettre des émotions, de transformer pour comprendre.
Nathalie Elemento qualifie régulièrement son travail de « pas pratique du tout mais tout à fait praticable ». Elle s'interroge sur les objets que nous usons quotidiennement (chaise, table, cadre, bibliothèque…) et qui conditionnent nos gestes. Sa réflexion l'a menée à reconstituer une sorte de décorum afin de repenser des formes ou des déformations, de définir une nouvelle architecture d'intérieur où les éléments sont interchangeables et repositionnables : le radiateur ponctue l'espace sous la forme d'un paravent, d'une plante d'intérieur, le tableau et la table sont réunis et recomposés pour constituer un ensemble. Ses sculptures-meubles nous confrontent aux objets qui nous habitent, aux représentations mentales que nous sommes prêts à adopter et à adapter pour vivre dans notre espace.
L’œuvre de Nathalie Elemento est un travail sur le mobilier intérieur qui invite le public à prendre conscience de l’espace et de leur propre corps. L’artiste détourne les objets, non pas pour les rendre inutilisables, mais pour révéler leur importance alors que nous n'y faisons plus attention et leur inventer une dimension totalement inattendue.
Des interrupteurs immenses de couleurs vives et variés s’appellent Les Sept Nains (2006), l’interrupteur actif est Blanche Neige (2006), Sous le poids de la culture (2004) est le nom d’un bureau inutilisable qui plie en son centre sous le poids de quelques livres de psychanalyse. La dérision railleuse des titres est associée à une perfection puriste des lignes, une critique ironique de notre monde « bien » confortable.
L'objet est également au centre du travail de Marie-Ange Guilleminot, elle le transforme, lui attribue de nouvelles fonctions à la fois objet du quotidien et œuvre d'art. L’artiste utilise les objets qu'elle a créé ou modifié comme médium entre l'œuvre l'artiste et le spectateur.
À Sérignan, Marie-Ange Guilleminot présente, entre autres, son travail entrepris en 1999 sur la collection de chaussures du musée Bata de Toronto. Menant une véritable recherche scientifique, et multipliant les relevés : chaque chaussure est photographiée de profil, à la même échelle, prenant presque l'aspect d'un dessin, dont les formes peuvent s'apparenter à des meubles ou à une architecture. Marie-Ange Guilleminot réalise des prototypes des semelles de chaussures, en les réinterprétant à sa façon. Les visiteurs sont invités à les essayer au sein du « Salon de transformation » : leurs différences fondamentales impliquent une stature spécifique, une marche, mais également le moyen de comprendre à travers un objet usuel, une culture, une époque. Marie Ange Guilleminot présente également un «chapeau-vie», objet qui se prête à de multiples transformations et avec lequel elle a réalisé diverses performances, ou encore, un « Oursin » objet qui successivement peut prendre la forme d’un pouf, sac-à-main, couverture, manteau, tente, parachute, voile, maison, méduse, citrouille, baleine ou linceul…
Ses pièces s'articulent autour d’une relation à trois : le je de l'artiste, le vous du public et l'objet transitionnel, objet d'art. Ce rapport triangulaire induit des mécanismes de curiosité - qui poussent les visiteurs à toucher les pièces -, de séduction - par l'aspect sensuel des propositions -, mais aussi de frustration - de ne pouvoir appréhender le corps de l'autre dans sa totalité.
Allora & Calzadilla, Edgar Arceneaux, Devendra Banhart, Frank Benson, Jennifer Bornstein, Mike Bouchet, Matthew Brannon, Anthony Burdin, Paul Chan, Sean Dack, Karla Diaz, Trisha Donnelly, Shannon Ebner, Piero Golia, Hannah Greely, Taft Green, Guyton\Walker, Karl Haendel, Christian Holstad, Shane Huffman, Jiae Hwang, Matthew Day Jackson, Matt Johnson, Miranda July, Klara Liden, Nate Lowman, Daria Martin, Matt McCormick, Rodney McMillian, Ohad Meromi, Kori Newkirk, Seth Price, Adam Putnam, Cristina Lei Rodriguez, Matthew Ronay, Mika Rottenberg, Aïda Ruilova, Paul Sietsema, Josh Smith, Reena Spaulings, Mika Tajima, TM Sisters, Betty Tompkins, Mario Ybarra Jr.
L’exposition Uncertain states of America, organisée en collaboration avec le musée d'art moderne Astrup Fearnley d’Oslo, présente un aperçu de l'art américain aujourd’hui. Les commissaires de l’exposition, Daniel Birnbaum, Gunnar B.Kvaran, Hans Ulrich Obrist, ont effectué pendant trois ans un inventaire sillonnant tout le territoire des Etats-Unis. Ces critiques d’art internationalement reconnus, sont revenus de leurs études sur le terrain avec plus d’un millier de dossiers d’artistes parmi lesquels ils ont choisi les plus représentatifs. Plus de 40 artistes ont été rassemblés avec la volonté de proposer une image de l’art américain après l’an 2000 et d’examiner des pratiques enjambant l'appropriation, la culture Pop et la critique sociopolitique, l’anticonsumérisme.
La manifestation Uncertain States of America a fait le tour du monde, elle arrive à Sérignan après un passage à Oslo, Reykjavik, Prague, Herning, à la galerie Serpentine de Londres, à l'université de Bard de New York, à Pékin et Varsovie.
Les commissaires :
Daniel Birnbaum, à la fois critique d'art, philosophe, enseignant et commissaire d'exposition, est aujourd'hui une figure centrale de la scène artistique internationale contemporaine. A Francfort, il est directeur de la Städelschule Académie et directeur de la galerie Portikus. Il a été le co-commissaire de la 50e biennale de Venise, de la première biennale de Moscou en 2004 et en 2007 de l’exposition Air de Paris au Centre Georges Pompidou.
Gunna B. Kvaran a successivement occupé les postes de directeur au musée d'art de Reykjavik (Islande) de 1989 à 1997, puis de directeur du musée d'art de Bergen en Norvège de 1997 à 2000. En 2001, il prend les commandes du musée d’art moderne et contemporain Astrup Fearnley à Oslo. Il a été commissaire du pavillon islandais à la biennale de Venise en 1984, 1986, 1988 et 1990 et dernièrement, a participé à l’organisation de plusieurs expositions : Matthew Barney, Cremaster Cycle en 2003, Olafur Eliasson, Colour memory and other informal shadows, la rétrospective Jeff Koons en 2004, Yoko Ono Horizontal Memories en 2005…
Depuis avril 2006, Hans Ulrich Obrist a rejoint la Serpentine Gallery de Londres comme codirecteur des expositions et directeur des projets internationaux. Auparavant, il était conservateur au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris de 2000 à 2006. Il a organisé plus de 150 expositions dans le monde entier, comme « do it » Take Me, I’m Yours, Cities on the Move, Live/Life, la 1ère biennale de Berlin, Manifesta 1, et plus récemment la 1ère triennale de Moscou, et la seconde biennale Guangzhou (en Chine). Hans Ulrich Obrist a également organisé plusieurs expositions monographiques au Musée d' Art Moderne de la Ville de Paris : Olafur Eliasson, Philippe Parreno, Rirkrit Tiravanija, Anri Sala, Steve McQueen et Doug Aitken.
L’exposition consacrée à la Famille Crumb réunit, pour la première fois, les travaux de Robert Crumb et de sa famille. Iconoclaste et porte-parole de la lutte contre les formes d’autorité dans les années 60, Robert Crumb est un dessinateur culte. Avec son frère cadet Max et sous l'influence de son aîné Charles, il dessine énormément et très tôt. Il collabore également sur de nombreux projets avec son épouse Aline. La famille quitte les Etats-Unis dans les années 80 pour fuir une société à la fois consumériste, utopiste et puritaine, et s’installer dans le sud de la France afin d’y trouver plus de tranquillité et de liberté. Ensemble depuis plus de trente ans, le couple dessine régulièrement pour le New Yorker magazine. Leur fille Sophie comme ses parents, est dessinatrice de bande dessinée. L’œuvre de La famille Crumb défie le recensement et les classifications.
Dessinateur de la réalité sociale, de la rue, des musiciens noirs américains, des petites gens, des exclus, Robert Crumb est considéré comme le père de la bande dessinée underground et de la contre-culture. Cet américain sulfureux a bâti une œuvre extrêmement riche et prolixe. Ses planches recouvrent les aspects sociologiques, philosophiques ou liés aux fantasmes sexuels de l'artiste. Fantasmes plein de spectaculaires fessiers qu’il affectionne, prêches hippies et ironiques de son Mr Natural, portraits d’orchestres tirés de l’oubli… tout semble lié par le regard acéré qu’il porte sur le poids social, les rapports humains et le statut toujours vacillant de l’art et de la culture.
L'influence de Robert Crumb dans la création artistique contemporaine et indirectement dans la publicité est évidente et manifeste. Aujourd’hui, après avoir été pendant des décennies l’objet d’un culte dans l’univers de la contre-culture, Robert Crumb est plébiscité par le monde de l’art. En effet, de nombreuses rétrospectives et expositions lui ont été consacrées dans des lieux tels que le musée Ludwig de Cologne (Allemagne), la Biennale de Santa Fe (USA) ou le Carnegie International de Pittsburgh (USA). Il est toujours submergé de demandes de magazines, de maisons de disques et d’autres projets, et continue à gribouiller dessins et caricatures partout où il se trouve.
Robert Crumb
Né en 1943 à Philadelphie, USA
Robert Crumb est l'une des figures de proue de la BD underground américaine. Elevé dans la tradition catholique, il dessine des BD dès l’âge de trois ans. « Je suis branché « vieux disques » et j’allais les chercher dans les quartiers noirs. Chose impensable pour un ado normal. Vers 17 ans, une obsession a commencé à me poursuivre : j’entrerai dans l’histoire comme artiste. Ce serait ma revanche. J’ai décidé de ne pas me conformer à une société qui me rejette. J’en ai entendu des « sois toi-même » ! Pourtant quand j’étais moi, je passais pour un cinglé… Je me contentais de mes chats et de mes vieux disques. J’abandonnais aussi les filles. Elles refusaient même que je les dessine ! Tout ça a changé avec la célébrité… ».
Une des constantes de Robert Crumb est son dessin, immédiatement identifiable, toujours superbe. Son trait est à peu près à mi-chemin entre celui des pionniers américains comme Segar, Herriman voire même Disney, et celui de grands graveurs comme William Hogarth ou Honoré Daumier. Ses héros les plus célèbres sont Fritz the Cat, un chat paillard, Mister Natural, gourou cynique. Il a dessiné des pochettes de disques, dont la plus célèbre est “Cheap Thrills“ de Big Brother and the Holding Company avec Janis Joplin.
Robert Crumb a obtenu, en 1999, le Grand Prix du festival international de bande dessinée d'Angoulême. Par ailleurs, Terry Zwigoff a réalisé un superbe documentaire sur l'artiste, intitulé “Crumb“, en 1994.
Aline Kominsky Crumb
Née en 1948 à New York, USA
Aline Kominsky-Crumb est une dessinatrice underground connue pour ses histoires autobiographiques qui se déroulent à Long Island dans les années 1960. La culture superficielle « Middle Class » dans laquelle elle a grandi et les constantes querelles avec ses parents l’ont poussées dès son adolescence, vers Greenwich Village, les drogues et la contre-culture. Au lieu d'engager une thérapie, elle dessine des BD sur sa propre vie. Mariée au célèbre dessinateur, elle a écrit "Dirty Laundry" (le linge sale) un comix au sujet de la vie de la famille Crumb, avec son mari et plus tard avec leur fille Sophie, chacun d'eux dessinant leurs propres personnages. Aline dessine dans un style rapide, sans grande attention portée aux détails, mais avec un grand sens de l’observation.
En parallèle de son travail de bande dessinée, Aline K. Crumb collectionne poupées, jouets et divers objets récoltés au gré de ses voyages. Certainement avec une part de nostalgie de l’enfance, elle les met en scène dans ses « spicy pizzas » composées d’éléments assemblés ou dans ses peintures, créant un univers coloré, flashy, à la limite du kitsch.
Sophie Crumb
Née en 1981 à Winters (Californie), USA
Sophie a véritablement rejoint l’entreprise de la Famille Crumb lorsque Fantagraphics a publié sa bande dessinée “Belly Button Comix #1“, même si elle dessine depuis son enfance : elle a collaboré dès sa préadolescence à plusieurs planches que la Famille Crumb a réuni dans “Dirty Laundry“. Elle affirme que son père fait partie des meilleurs artistes du XXe et XXIe siècle mais souhaite se démarquer de son travail. Ses BD, qui passent de la confession autobiographique à la fiction fantasque, sont habituellement dessinées dans un beau mélange de deux couleurs aquarellées. Elle a réalisé les dessins du carnet de croquis pour le film “Ghost World“, adaptation de la bande dessinée éponyme de Daniel Clowes, réalisé par Terry Zwigoff, rencontré au cours du tournage du documentaire sur son père.
En plus du dessin, Sophie s'est exercée dans une école de cirque, apprend les techniques du tatouage et fait de la musique.
Max Crumb dit Maxon
Né en 1945 à Albert Lee (Minnesota), USA
Maxon Crumb est un être marginal et mystique, personnage qui pourrait figurer dans une nouvelle d’Edgar Allan Poe ou un film de David Lynch. Il vit dans une chambre d’hôtel vétuste depuis plus de vingt ans, dans laquelle il peut se concentrer sur une œuvre durant des mois sans même penser à s’alimenter. Son travail, hors des conventions liées au marché de l’art, met en scène ses peurs et ses fantasmes. Dessins et peintures, très recherchés dans le détail et l’intensité, nous emportent dans un univers auto référencé, à l’humour noir, proche de la folie. L’argent n’a que peu d’intérêt pour lui, l’art lui donne la force de vivre.
L’intérêt de Sérignan pour l’artiste Dado est ancien. Dès 1994 il investit le domaine des Orpellières, domaine vinicole désaffecté situé à Sérignan Plage. L’artiste y séjourne régulièrement jusqu’en 1999 – date de l’inauguration – et y réalise des peintures murales et des sculptures objets. L’ancien Espace d’art contemporain Gustave Fayet a consacré deux expositions temporaires au travail de l’artiste. Afin d’apporter un nouveau regard sur le travail du peintre monténégrin et sa rencontre avec l’inventeur de l’art brut, le Musée de Sérignan a décidé de regrouper leur travail.
Arrivé en France en 1956, à l’age de 23 ans, Dado travaille dans un atelier de lithographie (Patris) où il rencontre Jean Dubuffet. Très impressionné par ses dessins, Dubuffet lui fait rencontrer Daniel Cordier qui deviendra son marchand. Chez ces deux artistes, le trait, en particulier dans les gravures, acquiert un dessin volontairement malhabile, proche de la caricature ou du graffiti.
« En 1959, rue de Miromesnil, Daniel Cordier présente « Célébration du sol » de Dubuffet : des topographies et « des texturologies » à la gloire de l’humble terre piétinée par les hommes qui ne prennent pas le temps [...]. A la gouache, avec des collages, en gravure, il imite la glaise et le goudron avec une remarquable exactitude. Il semble donc logique de supposer que la coïncidence entre ses travaux largement commentés par la critique et ceux de Dado ne saurait être fortuite. Même si c’est un monde organique qui les rapproche, ce sont deux univers qu’ils proposent. » (Philippe Dagen)
et les éditions fata Morgana dans les vitrines expérimentales
Fondée en 1966 par Bruno Roy, la maison d’édition Fata Morgana, installée près de Montpellier possède un catalogue de plus de mille titres. Fata Morgana publie plus de trente livres par an, des essais littéraires, de la poésie, et des livres d’artistes. La maison d’édition publie aussi bien des livres avec des originaux (dessins, gravures, collages) que des livres à tirage courant.
Daniel Buren
Né en 1938 à Boulogne-Billancourt, France
Vit et travaille in situ
En 1965, Daniel Buren met au point son « outil visuel » : des bandes verticales alternées blanches et colorées de 8,7 cm de largeur, répétant ses rayures à l'infini et sur tous les supports. Le choix d'un motif fabriqué industriellement répond à son désir d'objectivité. En 1966, Buren s'associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT. Ce qui lie « BMPT » est la pratique commune de la répétition systématique d'un même motif, ainsi que la volonté de s'opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique. Ce travail est l'occasion d'examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l'art.
Se posant toujours en théoricien de son propre travail, Daniel Buren accompagne toutes ses installations d'un descriptif, de notes explicatives : de l'emploi dans les premières toiles d'un tissu industriel constitué de bandes égales et verticales blanches, à l'utilisation de ce tissu comme lieu de l'inscription de la peinture, à la peinture comme non-lieu. Buren met très vite au point le concept de travail in situ, c'est-à-dire d'une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel le travail est programmé et réalisé. Buren procède toujours à une analyse du lieu en révélant ces particularités les plus significatives et les moins visibles. Buren parle lui-même « d'instrument pour voir », car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L'œuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémère.
Au musée à Sérignan, Daniel Buren présente un dispositif in situ qui entretient un dialogue avec l'architecture des lieux. En effet, il intervient sur la totalité des parois vitrées du musée. L’artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l’espace par la lumière naturelle. A chaque heure du jour, le public découvrira une nouvelle installation. Cette œuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l'espace par l’explosion de la couleur. L'impression d'éclatement de l'oeuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier.
D’autres œuvres de Daniel Buren sont présentes dans les collections du musée de sérignan dont la Cabane éclatée aux caissons lumineux, pièce majeure de l’artiste ainsi que la série de dessins préparatoires à "Rayonnant", commande publique pour les pourtours de la Cigalière réalisée en collaboration avec l’architecte Nicolas Guillot.
Lawrence Weiner
Né en 1942 à New York, USA
Vit entre New York et Amsterdam, Pays-Bas
Depuis 1968, les œuvres de Lawrence Weiner sont des propositions linguistiques écrites sur un mur choisi par le collectionneur ou l'institution détentrice. Les phrases de l’artiste américain sont des titres d'œuvres qu'il a réalisées pour sa part dans son atelier, sans les communiquer au public, et qu'il transmet en offrant la possibilité d'une nouvelle matérialisation. C'est pourquoi Weiner se déclare sculpteur. La réalisation oscille donc entre liberté et contraintes, comme l’indique l'ensemble des clauses que Lawrence Weiner publie dès 1968 dans la revue Art News pour définir son travail :
1. L'artiste peut construire le travail.
2. Le travail peut être fabriqué.
3. Le travail peut ne pas être réalisé.
Chacune de ces possibilités étant équivalente et en accord égal avec l'intention de l'artiste, le choix d'une condition dépend de la façon dont la pièce est perçue par celui qui la reçoit.
Ses pièces se présentent sous la forme de « statements », ou d’énoncés, écrits sur le mur en lettres géantes. Décrivant de façon impersonnelle des actions simples ou bien des matériaux, ces morceaux de phrase engagent le spectateur dans une nouvelle relation à l’oeuvre qu’il ne s’agit plus de voir mais de concevoir. En même temps, la typographie et la mise en espace des groupes de mots composent une véritable partition visuelle alternant lignes droites et brisées. Ces énoncés sont des propositions avec une forte charge poétique liée à l'imaginaire et à l'éphémère.
« (...) Ce qui m'intéresse quand je fais une pièce, c'est de trouver un matériau et de travailler avec lui. Mon travail est vraiment matérialiste, comme celui de la sculpture historique. C'est la raison pour laquelle je suis un artiste d'atelier. Ensuite, je fais une traduction du matériau dans la langue. L'objet me fascine, j'aime l'idée de le prendre, l'idée de faire l'art. Mais le matériau seul, sans la langue, perd son sens. Tout travail d'un artiste a un titre. Le titre c'est mon travail. »
Lawrence Weiner inscrit des phrases en anglais et en français sur les cimaises du musée à Sérignan. Ces interventions prennent tout leur sens par les proximités des œuvres de la collection, et par le rapport poétique à ces dernières. L’artiste américain intervient également au dessus de l’espace d’accueil dans le "puits de lumière" qui traverse les étages du musée pour lequel il réalise une œuvre permanente.